Historique de la sophrologie

Dr Alfonso Caycedo, neuropsychiatre colombien

La sophrologie fut développée par le Dr Alfonso Caycedo, neuropsychiatre colombien né en en 1932. Travaillant à l’hôpital de Madrid auprès du psychiatre Lopez Ibor, il cherche un moyen pour rétablir l’équilibre corps-esprit. Ses travaux portent sur les différents états modifiés ainsi que les niveaux de conscience, avec à sa portée, des méthodes plutôt violentes (électrochocs ou comas insuliniques provoqués) ou encore des techniques comme l’hypnose et la médication psychotrope. La sophrologie naîtra de son désir à concevoir une technique thérapeutique qui permettrait aux patients d’être davantage impliqués dans leur processus de guérison.

Années 1960 à 1970

D’abord utilisateur de l’hypnose, pour démarquer sa technique il décide de lui donner un nouveau terme: la sophrologie. En 1960 il fonde le 1er département de sophrologie clinique, à Madrid, dans le service de neuropsychiatrie. Après son mariage avec une française, professeur de yoga, il part en Suisse pour y faire un stage en neuropsychiatrie. Il deviendra l’élève du père fondateur de la psychiatrie phénoménologique, Ludwig Biswanger.

De 1963 à 1982

En présence de Biswanger il découvre une approche innovatrice pour traiter les patients, la phénoménologie. À partir de cette nouvelle intégration la sophrologie deviendra moins directive: l’expérience des patients deviendra plus importante que les inductions provoquées. Puis sur les conseils de Biswanger, entre 1965 à 1968, Caycedo continuera ses recherches. 

  • Il voyagera d’abord en Inde et s’initiera au yoga auprès de Maîtres Yogi rencontrés par le biais de médecins indiens.  
  • Puis il se rendra au Tibet, auprès du médecin du Dalaï Lama, pour s’introduire au bouddhisme et y apprendre une très ancienne pratique: la Touma, lui révélant l’immense puissance de l’esprit sur le corps. 
  • Il ira ensuite au Japon où il sera fortement influencé par le zen, notamment la pratique du Zazen, une forme de méditation assise. 

À son retour de ce séjour de 3 ans en Orient il s’installe à Barcelone. Riche de ses expériences, et convaincu de l’importance du corps dans les changements d’états de conscience, de 1968 à 1982 il conçoit les techniques de base de la sophrologie (les 3 premiers degrés de la Relaxation Dynamique), en les validant de façon scientifique.

De 1982 à 1990

De 1982 à 1988 il retourne à Bogota pour y créer la sophrologie sociale, avec des techniques qui seront accessibles à tout individu bien portant. Durant cette période il va enrichir sa méthode, laissant ses premiers collaborateurs développer les techniques de base. Différentes écoles vont par la suite l’enseigner, principalement en Espagne, en Suisse, en Belgique et en France, avec une diversité de courants: sophro-analyse, sophro-hypnose… Dès 1990, il mettra en place la sophroprophylaxie (une approche de santé préventive pour ne pas devenir malade, se responsabiliser sur sa santé, apprendre à modifier son mode de vie et penser positivement afin de mener une existence plus paisible).

De 1983 à 2003

Cette période correspond aux travaux menés par un proche collaborateur de Caycedo, le Dr Yves Davrou, pour enrichir la sophrologie. La mise sur pied de la relaxation dynamique® est survenue après que Davrou se soit concentré sur 3 dimensions:

  • L’aspect énergétique de la Conscience, en se basant sur des techniques de santé chinoises
  • La dimension émotionnelle de la Conscience et son interaction avec le corps dans les maladies psychosomatiques (sachant que les premiers symptômes physiques proviennent principalement d'une source émotionnelle)
  • La progression des techniques de relaxation dynamique en lien avec le processus d’individuation (puisqu'une meilleure connaissance de soi permet de nous accepter tel que nous sommes), mis de l'avant par le psychiatre Carl Gustav Jung, fondateur de la psychologie analytique

Années 2003 à aujourd’hui

Sous la direction du Dr Martine Dupuy, l’évolution de cette branche poursuit son cours au sein d’un groupe de recherche multidisciplinaire, soutenu par l’apport des neurosciences et des théories de la complexité.